Pour Réforme de
l’assurance maladie
une meilleure couverture
des affiliés
·
le nouveau régime se base sur un système conventionnel avec les
prestataires de services sanitaires.
·
Un régime complémentaire et optionnel à la disposition des
affiliés.
·
Des moyens prévus pour maîtriser les coûts des prestations.
La réforme de l’assurance maladie est considérée
comme l’une des grandes réformes entreprises au cours de ces dernières années
vu que ce domaine a un rapport direct avec la santé du citoyen et notamment de
la population active. Le programme d’avenir du Chef de l’Etat a en effet prévu
la mise en place d’un nouveau système de l’assurance maladie susceptible
« d’assurer une couverture sanitaire minimale pour tous les citoyens ».
La réforme de l’assurance maladie vise essentiellement de consolider les acquis
réalisés qui ont permis à la Tunisie de se distinguer au niveau international.
A la faveur de cette réformes les lacunes constatées seront comblées. C’est que
l’on a remarqué qu’il existe des disparités entre les assurés sociaux au niveau
des prestations sanitaires et des contributions. Des régimes parallèles ont
même vu le jour à cause des prestations
sanitaires qui n’ont pas évolué au
même rythme que les besoins.
A cela s’ajoute un faible taux de remboursement des
bénéficiaires par rapport à ce qu’ils fournissent aux prestataires. Les textes
législatifs se distinguent également par leur complexité à cause des différents
amendements accumulés tenant compte, à chaque fois, de nouvelles exigences mais
sans aucune coordination entre eux.
Evolution du coût
Il est clair que le coût du régime actuel a connu
une évolution vu qu’il n’y a pas d’un système conventionnel entre les deux
caisses de sécurité (la Cnss et la Cnrps) et les prestataires de services
sanitaires. Les ménages supportent un coût parfois très élevé pour
se faire soigner. Les nouvelles dispositions étaient prises au moment opportun au grand bonheur des bénéficiaires.
D’abord des décisions portant sur certains principes étaient prises au cours
d’un Conseil ministériel restreint tenu le 16 février 1996. Il était en premier
lieu d’instituer un régime de base obligatoire pour tous les secteurs
d’activité en vue d’assurer une couverture suffisante des principaux risques
sanitaires comme les opérations chirurgicales, les maladies chroniques, les
affections épidémiques. On a recommandé aussi la mise en place d’un régime
complémentaire optionnel à côté dudit régime de base tout en évitant le double
emploi de ces deux régimes. Le régime optionnel serait ouvert aux caisses de
sécurité et aux sociétés d’assurance. On va écarter également – dans le cadre
de cette réforme – les structures finançant les prestations sanitaires des
établissements de santé fournisseurs de ces services.
Les relations entre les caisses sociales et les
établissements sanitaires relevant du ministère de la Santé publique seraient
organisées à la faveur d’une meilleure facturation ; les caisses seraient
tenues de supporter le coût réel des traitements fournis aux assurés sociaux.
Dans ce même contexte, les rapports entre les caisses sociales et le secteur
sanitaire privé seraient moralisés pour permettre à ce secteur de répondre
comme il se doit aux besoins sanitaires des citoyens dans le cadre d’un système
national d’assurance maladie cohérent.
Des critères précis
Pour maîtriser le coût des soins – et définir la
responsabilité de toutes les parties et leur contribution dans la pression sur
les coûts – des critères précis seront mis en place. Suite au CMR une
commission nationale de l’assurance maladie a été constituée et a servi de
cadre pour la concertation avec les différentes parties concernées - comme les partenaires sociaux, les
représentants des professions de santé ainsi que les responsables des
établissements d’assurance - sur les choix et les moyens pratiques à utiliser
pour réussir la réforme.
Dans ce même cadre, neuf groupes de travail
techniques ont été formés. Ils ont eu pour mission d’élaborer des dossiers
techniques minutieux relatifs aux différents aspects matériels de la réforme.
Les orientations fixées visent notamment une couverture du régime de base géré
par les deux caisses de la sécurité sociale et ce, pour tous les risques qui
ont un impact sur la santé de l’affilié ou les membres de sa famille. De ce
fait, le régime est chargé de toutes les prestations ayant un impact direct sur
la santé de l’affilié et qui lui permettent de rester en bonne santé. Celui
sera tenu de contribuer au financement selon la nature des prestations et leur
coût.
Qualité des prestations
L’affilié aura le droit de se faire traiter dans le
secteur public ou le secteur privé. On va se baser sur le système conventionnel
aussi bien avec les établissements publics de santé que les établissements
privés et le recours à la facturation sera fait sur des cas spécifiques et au
besoin. Des critères et des mécanismes seront mis au point pour maîtriser les
coûts des soins. La réforme a tenu compte aussi de la qualité des prestations
qui sera garantie par les intervenants concernés. La réforme sera introduite
progressivement avec évaluation des résultats de chaque étape.
La concertation
avec les parties concernées traite
des moyens à mettre en œuvre pour que cette réforme soit vraiment un
tournant positif dans la qualité et le coût des soins. Cette concertation
implique tous les partenaires dans la
réussite de ce projet. D’ailleurs, depuis le mois de septembre 2000 une série
de réunions avec les représentants des professions de santé ainsi qu’avec les
représentants de l’Ugtt et de l’Utica, ont eu lieu pour peaufiner le nouveau régime de l’assurance maladie.
Ces discussions seront suivies de l’élaboration du cadre juridique et
réglementaire pour permettre enfin la mise en application de la réforme.