Environnement                                 

 

Maîtrise de la qualité des eaux de la Medjerda

 

 

 

 

 

 

Un projet pilote concernant la qualité des eaux de la Medjerda est en cours. Il fait suite à une étude conduite par le Centre international des Technologies de l’Environnement de Tunis (CITET) portant sur le renforcement des capacités de la Tunisie en matière de transfert de technologies dans le secteur de l’eau. Cette étude a été réalisée avec le soutien de la Commission européenne ainsi que certains départements et structures nationaux : ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire (CITET, ANPE, ONAS,…), ministère de l’Agriculture regroupés au sein d’un Comité de pilotage. Le projet s’inscrit dans la continuité de l’action entreprise par la Tunisie dans le secteur de l’eau visant à mettre en application les recommandations formulées dans l’Agenda 21 tunisien.

 

Optimiser la gestion de l’eau

Ladite étude a montré l’impérieuse nécessité de sauvegarder et d’optimiser la gestion des ressources hydriques en vue de réduire le risque de pénurie à court terme. Il s’agit aussi d’associer – dans le cadre d’une démarche cohérente – la maîtrise des utilisations de l’eau  notamment par la mobilisation des technologies appropriées ainsi qu’un développement économique durable. L’objectif ultime étant de permettre à notre pays de développer ses propres capacités scientifiques, technologiques, industrielles et  institutionnelles.

C’est que sa disponibilité de l’eau en quantité et qualité suffisantes il est difficile voire impossible d’assurer un développement économique adéquat. Conjointement au programme de mobilisation des ressources hydriques, la Tunisie a jugé utile d’élaborer un plan de gestion intégrée et durable de la qualité de l’eau. L’urgence d’entreprendre un tel plan pour le bassin de Medjerda est justifiée par le fait que ce bassin constitue le principal « réservoir » en eaux superficielles du pays. En outre, la contribution de la région du Nord Ouest à l’objectif de la sécurité alimentaire nécessite un développement de l’infrastructure de base agricole, du secteur irrigué et une diversification agricole.

Projet ambitieux, la gestion de l’eau au bassin de la Medjerda impliquera outre le ministère de l’Environnement (coordinateur) et celui de l’Agriculture, les ministères de l’Industrie, de l’Intérieur, de la Santé publique ainsi que les département de la Recherche et de l’Enseignement supérieur. Les opérateurs privés, les communautés locales et les ONG  

 concernés seront également de la partie pour contribuer à la sauvegarde de la qualité des aux du bassins.

 

Faible taux de croissance

Se trouvant dans la région du Nord Ouest, le Bassin de la Medjerda englobe les gouvernerats de Jendouba, Le Kef, Béja et Siliana sur une superficie correspondante de 16 500 km2, soit environ 11% de la superficie du pays. La région compte environ 1,23 millions d’habitants, soit près de 14% de la population totale ; elle se caractérise par un faible taux de croissance démographique – par rapport au reste du pays – en raison de la poursuite du phénomène de l’exode rurale.

Cette population vit près de la Medjerada qui comprend un grand nombre de cours d’eau permanents dont les plus importants ont pour source les montagnes algériennes. La vallée de la Medjerda a un climat sub-humide à semi-humide avec une pluviométrie annuelle comprise entre 400 et 600 mm, c’est-à-dire l’une des régions les plus arrosées. Plusieurs barrages  y sont construits : barrages de Siliana, de Sidi Salem et d’El Arroussia. Il alimente plus de 40% de la population tunisienne grâce à un système de transfert, en particulier la dérivation Medjerda-Cap Bon, dont la capacité est de 16 m3 à El Aroussia.

Ledit projet s’appuiera sur diverses institutions chargées de la conception et de la coordination de la politique dans le domaine de l’eau, sur les opérateurs publics (Onas, Sonede..) et sur des centres de valorisation technique, de recherche de diffusion des connaissances sur les technologies (centres de recherche, centres techniques, Citet). La Tunisie dispose d’une dispose d’une solide structure qui lui permet de revendiquer une connaissance approfondie de nombreuses composantes du domaine de l’eau et de mettre en œuvre des programmes techniques à l’échelle du pays tel que le programme de mobilisation des ressources hydriques superficielles, la réalisation de grands transferts inter-bassins ou encore la protection des ressources en eau en intégrant le potentiel des eaux usées épurées.

 

Transfert et maîtrise technologique

Cette action pilote a donc pour objectif général de démontrer la faisabilité opérationnelle d’un plan de gestion environnemental à l’échelle du bassin de la Medjerada. A cet effet, nombre d’opérations ponctuelles au niveau du sous-bassin de Bousalem (16 330 km2). Cet objectif sera atteint si la démonstration est faite. Les actions entreprises dans ce projet pourront être étendus et coordonnées de façon durable à l’échelle du bassin et dans le cadre d’une stratégie intégrant les différents enjeux socio-économiques, industriels, écologiques et technologiques. De son côté, le CITET évaluera pour chacune des actions la mobilisation des différentes composantes de la maîtrise technologique (veille technologique, études préalables, management, formation, fournisseurs, partenariat, circuits commerciaux et financiers) afin de démontrer sur des actions précises et pratiques la pertinence des choix de renforcement des capacités de la Tunisie en matière de transfert de technologie.

Ce n’est donc pas par hasard que le projet pilote est réalisé au niveau du bassin de la Madjrada qui est le principal cours d’eau en Tunisie puisqu’il mobilise d’importantes quantités des eaux de surface. Il s’agit d’une « réserve »  essentielle pour la satisfaction des besoins en eau de la population et pour l’agriculture.